Brest et Plougastel-Daoulas
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Energie verte. Et si pour se chauffer, on revenait au bois ?

Article paru dans "sept jours à Brest" par Fabrice Pouliquen | 20.03.2013 |

Et si le bois était encore la meilleure des solutions pour se chauffer ? À Plougastel, une chaufferie bois fait fonctionner les radiateurs de la mairie, du collège, du cinéma... Avec de faibles émissions de CO2 à la clé. Brest va s'y mettre aussi. Un tel équipement est prévu pour fin 2015 au Spernot.

Vu de l'extérieur, le bâtiment ne paie pas de mine. C'est juste un cube, à peine plus grand qu'une maison et au sommet duquel trônent deux cheminées d'où s'échappe une fumée à peine visible.

En même temps, la chaufferie bois de Plougastel-Daoulas ne cherche pas épater la galerie, juste à être efficace. Depuis sa mise en service en 2007, l'équipement s'acquitte plutôt bien de sa tâche. Il chauffe la mairie, le cinéma, un collège, une école primaire, une maison de retraite, des logements sociaux...

1.000 tonnes de CO2 évitées à Plougastel

« Au total, la chaufferie bois assure le chauffage et la production d'eau chaude sanitaire de 600 équivalents logement », précise Émilie Berthelin, attachée commerciale de Dalkia Nord-Finistère, l'entreprise qui gère le site pour Brest métropole océane (BMO). « Elle nous évite aussi l'émission de 1.000 tonnes de CO2 chaque année, par rapport à un chauffage au fuel ou au gaz de ces mêmes bâtiments », ajoute Jean-Claude Kerjean, vice-président de BMO en charge du traitement des déchets et du réseau chaleur.

Comment ça marche ? Rien de bien sorcier. Des plaquettes forestières sont brûlées dans un four atteignant plus de 600º. « La fumée dégagée passe alors dans un échangeur et va chauffer l'eau de notre réseau, explique Émilie Berthelin. Deux kilomètres de canalisations acheminent ensuite l'eau vers les différents bâtiments. Les fumées, quant à elles, sont ensuite traitées dans un dépoussiéreur à centrifuge de manière à rejeter le moins de CO2 possible ». Le tout fonctionne en quasi-autonomie.

Non, franchement, la chaufferie bois de Plougastel, la seule dans la région brestoise appartenant à une collectivité, est « un outil qui tourne bien, note Jean-Claude Kerjean. Il pourrait même encore monter en puissance et chauffer d'autres bâtiments ».

Déjà de la valorisation de déchets à Brest

Alors pourquoi ne pas répéter l'expérience ailleurs sur BMO ? « On y pense », reprend Jean-Claude Kerjean. « D'autant plus qu'aujourd'hui, alors qu'on se doit de réduire nos émissions de CO2 pour répondre aux objectifs du plan climat, les chaufferies bois sont parmi les équipements les plus simples à mettre en place », ajoute Pierre-Yves Clavier, directeur du service écologie urbaine de BMO. Des projets ont même été à l'étude, par le passé, au Spernot et au port de commerce sans jamais aboutir faute de subventions.

Brest ne part pas pour autant de zéro concernant la biomasse (production d'énergie à partir de matières organiques). Une unité de valorisation énergétique des déchets ménagers (Uved) fonctionne même depuis 1988 au Spernot. « Le système est le même que la chaufferie de Plougastel, si ce n'est que ce n'est plus du bois qu'on brûle, mais les déchets ménagers ».

125.000 tonnes de déchets peuvent être ainsi revalorisées chaque année et l'Uved chauffe déjà l'université, les deux hôpitaux, les locaux de BMO, les cités scolaires de Kerichen et de la Croix-Rouge ou encore tout un ensemble de logements privés et sociaux... « Soit en tout 22.000 équivalents logement », précise Jean-Claude Kerjean.

Une chaufferie bois au Spernot ?

Dans ce contexte, une chaufferie bois permettrait d'étendre encore un peu plus ce réseau de chaleur. Le projet du Spernot a ainsi été relancé sous une nouvelle forme et a obtenu cette fois-ci les accords de subventions. « On est au stade des appels d'offres, explique Pierre-Yves Clavier. On part sur une mise en service pour fin 2015 ». La chaufferie serait d'une puissance de 10 mégawatts, autrement dit dix fois plus importante que celle de Plougastel. « On aimerait relier 10.000 nouveaux équivalents logement à ce réseau de chaleur », reprend Jean-Claude Kerjean. Dans le lot figure notamment le plateau des Capucins.

Mais pour que ça marche, faut-il encore trouver suffisamment de bois à brûler. À elle seule, la chaufferie de Plougastel est ravitaillée par deux-trois camions par semaine en provenance des Monts d'Arrée. « Et pas n'importe quel bois, précise Émilie Berthelin. Des chutes de forêt et de scierie d'une certaine qualité et avec un faible taux d'humidité ». Sur ce point, Jean-Claude Kerjean se dit confiant. « Des études ont été menées, on a suffisamment de ressources en Finistère ».